Histoire de la Confrérie

1495 – Création de la confrérie de Saint Israël et de Saint Théobald

    

Le commencement

C’est en 1495, l’évêque de Limoges, qui est aussi l’abbé du Dorat, est membre d’une Confrérie de dévotion en la Collégiale Saint Pierre.

    Au XVII° s, la prestigieuse renommée des saints protecteurs du Dorat s’étant considérablement intensifiée, la dévotion des pèlerins ne peut plus s’exercer dans cette crypte, trop étroite, obscure, et difficile d’accès.  En 1659, les chanoines et la ville du Dorat obtiennent de l’évêque l’autorisation de transférer les restes des deux saints dans des châsses de bois doré transportables, utilisées encore aujourd’hui, disposées de chaque côté du sanctuaire. Et l’évêque de Limoges donne la permission de faire des Ostensions solennelles des châsses des saints tous les sept ans, comme cela se pratiquait déjà dans d’autres églises du diocèse possédant d’insignes reliques. Ces ostensions se sont déroulées depuis, tous les sept ans, pratiquement sans interruption.

   Le Chapitre de la Collégiale désigne alors, parmi les membres de la Confrérie de dévotion, 16 hommes suffisamment robustes pour porter les châsses (qui pèsent plus de 50 kg chacune), lors des Ostensions ou autres manifestations.
C’est aussi en 1659 que le pape Alexandre VII confirme la Confrérie, et donne de grandes indulgences pour les confrères, à perpétuité ; celles-ci sont réaffirmées par le pape Pie IX en 1869.
Les sarcophages où les saints avaient été conservés pendant près de cinq siècles, sont remontés plus tard de la crypte et placés dans la chapelle près de la sacristie, où on peut toujours les voir.
La Confrérie  des porteurs et gardiens des reliques est refondée/confirmée en 1725.
Les noms des porteurs de châsses ne sont connus que depuis l’Ostension de 1715,  qui a été suivie d’une ostension exceptionnelle en 1719, en raison d’une grave épidémie

Les Heures Sombres 

Durant la Révolution, la Confrérie est fortement bouleversée.

En 1790, le Chapitre de la Collégiale est dissout.

En 1792, la Confrérie est interdite. Et le Père Jacques de Vérine nommé curé du Dorat en 1775, mais qui avait refusé d’être assermenté, est remplacé d’office par un prêtre « jureur », nommé par les électeurs avec l’accord de l’évêque constitutionnel (qui deviendra député de la Convention).

    Obligée, sous la contrainte d’une administration désobligeante, de porter les châsses devant les prêtres jureurs, la Confrérie refuse de participer à l’Ostension de 1792 ; elle est remplacée par 20 « citoyens » qui s’inscrivent pout porter les châsses, sous la conduite d’un juge de paix, pseudo-Syndic.

    Le mobilier de l’église est détruit : autels latéraux, clôture du cœur des chanoines, jubé, stalles…

    Les prêtres « réfractaires » sont arrêtés (comme Charles Barnabé Laurens de Mascloux).

    L’église est fermée au culte et transformée en salpêtrière. Les deux châsses sont alors cachées au fond de la crypte.

    Enfin, en 1793-94, un autel carré de 8 pieds est dressé dans l’église pour le culte de la Déesse Raison, avec « aux quatre coins, les figures hideuses du despotisme et de la superstition ».

Le Retour à la Paix 

    En 1802 (le Concordat ayant été signé en 1801), l’église du Dorat est rouverte au culte, en tant qu’église paroissiale. L’ancien curé du Dorat reprend ses fonctions à la tête de la Paroisse. 

Peu après, le Chapitre de la Collégiale est définitivement supprimé.

Tous les actes, registres, règlements… déposés dans les archives du Chapitre ayant été détruits pendant la Révolution, il ne reste aucun titre original. Mais ces textes sont relatés dans un manuel de dévotion imprimé en 1717, avec l’approbation de l’évêque de Limoges. [Ils ont été réédités plusieurs fois par la suite].
 

Presque tous les anciens confrères porteurs des châsses vivant encore, ils peuvent reprendre les anciens usages. Un document est alors rédigé, contenant les conditions d’admission des confrères, les règlements, les obligations, et le programme des solennités, pour en perpétuer le souvenir et les traditions. Un règlement est ainsi établi, en 1834 (sur la base du règlement de 1738, heureusement conservé).

A partir de 1817, un Syndic unique est élu parmi les confrères, selon le nouveau règlement ; tandis qu’avant la Révolution un chanoine du Chapitre était premier Syndic, assisté de deux autres Syndics désignés parmi les porteurs de chasses.

Aujourd’hui 

    En 1995, une médaille (photo ci-dessous) est frappée en l’honneur du cinquième centenaire de la Confrérie, fondée en 1495.

    En 1999, pour s’adapter à la vie pastorale de l’Eglise (et à la loi de 1901 sur la séparation de l’Eglise et de l’Etat), la Confrérie établit de nouveaux statuts, avec l’approbation de Mgr Soulier, évêque de Limoges. Il convient de saluer ici l’important travail réalisé alors par  Martial Gaté, syndic de la Confrérie.

    En 2014, pour célébrer dignement le millénaire de la mort de saint Israël, Mgr Kalist, évêque de Limoges, autorise une ostension exceptionnelle des châsses de nos deux saints protecteurs, à la demande de la Confrérie et du Père Gouneau, curé du Dorat.

    Un itinéraire spirituel est mis en place à travers la ville, comprenant six stations, de la Porte bergère à la Collégiale, en passant par le Carmel (aujourd’hui désaffecté), le couvent des Sœurs de Marie-Joseph, la Porte de Dinsac (lieu présumé de la naissance d’Israël), et la chapelle du cimetière. 

    A l’ouverture de cette année jubilaire par l’évêque de Limoges, le 20 avril 2014 (jour de Pâques), le reliquaire en or contenant le chef de saint Israël est présenté à la vénération du public, ainsi que l’anneau que portait Israël, conservé depuis le transfert de ses restes sacrés au XVII° s et pieusement conservé au Carmel du Dorat (photo ci-dessous). L’année jubilaire s’est terminée le 21 décembre 2014, avec la rentrée solennelle des châsses dans la Collégiale par la porte latérale, appelée désormais la « Porte jubilaire ».


En 2023 auront lieu les prochaines ostensions, à vous comme à nous de continuer à faire l’histoire et perpétuer le rite …